INTERVIEW DE FRÉDÉRIC PETIT par Antoine Gauchet – ABVM News n°61

Frédéric PetitPour commencer, peux-tu nous dire quand et comment se sont déroulés tes premiers pas dans l’aviation ?

Mon père était aéromodéliste. Mon frère et moi nous le suivions sur le terrain de Courcelles-lès-Montbéliard pour le voir faire voler ses modèles réduits. J’avais environ 5 ans et c’est là que ma passion est née. Vers 12 ans, j’ai commencé à bricoler mes propres appareils, avec du bois de cagette et du papier calque. Quelques années plus tard, il m’a offert ma première radiocommande et j’ai entamé la construction de mon premier modèle motorisé.

Quand as-tu commencé à voler ?

Lorsque j’étais à l’École d’Ingénieur de Marseille, le Président du club de vol à voile de Vinon-sur-Verdon (département du Var) est venu nous présenter son association. Je suis allé le voir dès la fin de son intervention pour obtenir des renseignements supplémentaires. Il m’a conseillé de commencer par passer mon Brevet d’Initiation Aéronautique. J’ai donc passé cet examen au début de l’année 1977.

Au printemps, je me suis rendu à Vinon pour m’inscrire. En ce temps-là, je ne possédais pas de véhicule, il m’a alors fallut prendre le bus, le train puis marcher. Mais qu’importe, j’étais jeune et très motivé! Après avoir rempli les formalités administratives j’ai effectué mon premier vol en planeur. C’était sur un ASK-13, avec Brigitte Maillard comme instructrice. J’ai obtenu ma licence dans le courant de l’année.

C’était une très belle période : le vendredi soir, j’arrivais sur le terrain, je plantais ma tente et je passais tout le week-end à voler ! Mais l’aviation motorisée m’intéressait aussi. J’ai donc passé mon TT dès 1978.

Dans quelle arme as-tu effectué ton service militaire ?

Dans l’Armée de l’Air évidemment! J’y suis entré en 1979. Après mes 2 mois de classes, j’ai intégré l’École d’Officiers d’Evreux. J’ai ensuite rejoint la Base de Nîmes pour y suivre la formation Commando de l’Air. J’ai terminé mon service sur le plateau d’Albion, où j’encadrais les appelés. Ce fut une expérience très enrichissante. De plus, je pouvais voler au sein de la section militaire de vol à voile de Vinon-sur-Verdon durant chaque week-end de permission.

Que s’est-il passé ensuite ?

En 1980 j’ai rejoint la vie civile et la région montbéliardaise. Je me suis alors inscrit à l’Aéroclub de Courcelles. Deux ans plus tard, j’ai passé mon brevet de pilote professionnel au sein d’une école basée à Habsheim. Peu après, j’ai commencé à larguer les parachutistes de Montbéliard avec le Cessna 185, puis le Cessna 206. Et en 1988, j’ai acheté mon premier appareil : un motoplaneur Sheibe Sf-28 ‘‘Tandem Falke’’.

Je t’ai connu il y a 21 ans, à l’époque de la création d’Icare Franche-Comté, peux-tu nous en dire plus ?

En 1993, Sylvie Charbonnier, Marc Dumas et moi-même avons fait l’acquisition d’un Piper PA-34 ‘‘Seneca’’. Nous avons créé cette société pour pouvoir le louer et faire de l’instruction avec. C’est donc à cette époque que j’ai décroché ma qualif’ bimoteur. Trois ans plus tard, nous avons décidé de faire du transport de fret et de passagers avec un King Air 90. Après avoir obtenu ma qualification de type, j’ai passé, en 2002, la qualif’ IR.

Comment es-tu devenu instructeur ?

Fin 2003, j’ai suivi un stage de 6 semaines à Agen. J’ai exercé quelques temps au sein de l’ABVM puis, souhaitant faire de l’instruction sur motoplaneur, j’ai créé ma propre structure à Montbéliard en 2009. Quels sont les appareils qui composent la flotte d’Éole Air Passion? J’ai démarré avec le SF-28, rapidement rejoint par le Cessna 172 acquis auprès de Strasbourg Aviation. Le Morane ‘‘Rallye’’ m’a ensuite été vendu en 2012 par Philippe et Alain Duvernoy.

Pour toi, quels sont les plus beaux vols que tu ais fait ?

Je garde un très bon souvenir de ‘‘La Route des Cigognes’’. Ce raid m’a permis de voler durant toute une semaine, de Montbéliard à Ouarzazate (Maroc), avec de nombreuses escales et des paysages magnifiques. J’ai également eu l’occasion de faire plusieurs séances de voltige, notamment sur Cap 10. Durant les 5 dernières années, j’ai aussi réalisé de très beaux vols avec Félix Chaintreuil, un ami disparu qui nous manque beaucoup.

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